Choisy-le-Roi – Étape 3

Patrimoine et mutations de la ville de Choisy

Dimanche 22 septembre 2019 / 10h – 13h

Du château de Louis XV à Choisy-le-Roi, il ne reste que très peu de vestiges. En suivant les plans du domaine, Valérie Roucard nous guide à travers la ville d’aujourd’hui, où s’entrecroisent patrimoine et mutations. Le parcours se termine aux ateliers d’artistes de l’Usine Hollander, où nous accueille Sylvie Grimminger.

Si pour le touriste du xviiie siècle Rome était la « ville palimpseste » par excellence, reconstruite sur elle-même, accumulant les témoignages du passé, Choisy-le-Roi est la « ville palimpseste » de notre Grand Tour. Village né au xviiie siècle de la volonté du roi Louis XV qui y possédait un château, importante ville industrielle au xixe siècle, remodelée selon les principes de l’urbanisme de dalle dans les années 1960, Choisy offre une multitude de témoignages architecturaux qui retracent l’évolution de la banlieue parisienne. À l’image de la statue de Rouget-de-Lisle, gloire locale et nationale, qui fut déplacée plusieurs fois, l’extension de la ville depuis son origine dit la permanence des mutations urbaines sur ce territoire. Ville de tradition communiste, asile d’un héros de la Révolution, elle redécouvre aujourd’hui son passé royal : Choisy-le-Roi s’est en partie construite à l’emplacement d’un vaste domaine, dont il ne reste aujourd’hui que peu de traces. Pour arpenter la ville et ce domaine, nous retrouvons Valérie Roucard sur le parvis de la gare qui monte en pente douce jusqu’à la dalle du centre-ville, dont les tours s’élèvent au-dessus de nous. À la fin de notre parcours, nous irons visiter l’Usine Hollander, au nord de la ville, dont Sylvie Grimminger nous présentera les ateliers d’artistes.

VALÉRIE ROUCARD : Avant ces tours typiques de l’architecture de dalle des années 1960, il y avait ici un château royal. Ce château, qu’il est difficile d’imaginer, se trouvait au niveau de la gare actuelle, un peu plus au sud. À l’emplacement de la dalle, se trouvaient une partie des communs, mais aussi une orangerie et une serre permettant d’acclimater les ananas. Louis XV, qui possédait ce château, était passionné par la culture des plantes exotiques. Il y avait également un jardin fleuriste et surtout, côté sud, entre la Seine et le Boulevard des Arts, le parc du château qui s’étendait sur une bonne partie de la ville actuelle. Aujourd’hui c’est le quartier du parc de la Mairie. Notre service a travaillé sur une modélisation en 3D du château, pour répondre aux questions du public, et aider les habitants à situer ce domaine dont il ne reste presque rien.

Un premier château avait été construit par Mademoiselle de Montpensier, qui était la cousine de Louis XIV. Après différents propriétaires, Louis XV achète le domaine en 1739. Le roi aimait beaucoup venir à Choisy. Si Versailles était le lieu du pouvoir, Choisy était en quelque sorte sa maison de campagne. Louis XV y hébergeait certaines de ses maîtresses, mais il aimait aussi cueillir des cerises ou surveiller les travaux du jardin. À la révolution le Château a été vendu en tant que bien national à plusieurs propriétaires. Sur cette partie en face de nous, toujours au niveau de la dalle, s’est installée la faïencerie Boulanger, qui reste connue des collectionneurs. Cette faïencerie employait mille ouvriers, soit 10 % des habitants de Chosiy, et elle produit notamment les faïences du métro parisien. Elle était très réputée en France comme à l’étranger. En mémoire de ce passé industriel, Lavina Scapatticci Felzine, de l’Atelier Vitrail à Choisy, a conçu des décors pour les ascenseurs qui permettent d’accéder à la dalle. Elle a réalisé des insertions de carreaux céramiques dans un décor de vitraux colorés. Un clin d’œil à la faïencerie mais aussi à la verrerie-cristallerie, autre usine importante de Choisy.

Nous quittons le parvis de la gare pour prendre l’avenue Anatole-France qui longe sur le parc de la Marie. La brique et les ferronneries des immeubles du début du xxe siècle contrastent avec l’urbanisme des Trente Glorieuses de la dalle. Au-dessus de l’avenue passe un avion qui vient de décoller d’Orly. Nous franchissons la grille du parc pour déambuler dans les allées parmi les arbres et les pelouses.

VALÉRIE ROUCARD : Le parc et le pavillon qui est en son centre ont été achetés par la ville au tout début du xxe siècle pour y installer la mairie, mais aussi pour offrir aux habitants un lieu de détente. On est en pleine période industrielle et la ville veut donner à ses habitants la possibilité de profiter du bon air. À l’époque, cette décision a fait polémique parce que le parc est relativement loin du centre-ville, qui se trouve autour de l’église Saint-Louis-et-Saint-Nicolas. Certains disaient que la mairie avait été déplacée en périphérie. Mais aujourd’hui les habitants sont heureux de pouvoir profiter de cet espace vert décoré de plusieurs œuvres d’art. La plupart de ces sculptures datent de la création du parc : une représentation d’Ève, Narcisse se mirant dans le bassin, une allégorie de la Fortune. Le parc abrite également depuis 1996 une œuvre suspendue de Louise Bourgeois : Les Bienvenus. Louise Bourgeois est une artiste de renommée internationale, qui a émigré aux États-Unis, mais qui a passé un temps de son enfance à Choisy. Sa maison se trouvait en bord de Seine sur l’autre rive, dans le quartier des Gondoles. Ses parents étaient brodeurs. De cette période, elle a tiré une œuvre qui s’intitule Cell (Choisy), dans laquelle elle met en scène une maquette de sa maison. On trouve également dans le parc quelques vases qui ornaient l’entrée du château royal. Dans une allée près du pavillon se trouve une œuvre du sculpteur David Erevantzi, datée de 2005, et qui symbolise la paix. 

À la vente du domaine, le château a été démembré pour l’exploitation des matériaux, et le pavillon, que l’on confond parfois avec le château, date du milieu du xixe siècle. Nous nous trouvons en réalité dans la cour du château. C’est par là que Louis XV arrivait quand il venait à Choisy. Les seuls restes visibles de l’entrée sont les deux pavillons de gardes et ce fossé que l’on appelle « saut de loup ». Ce dernier permettait de défendre l’entrée sans gêner la visibilité. En 1902, le parc qui se trouvait du côté sud, a été vendu puis loti. Dans le parc du château avaient été aménagé un jeu de l’oie géant et un labyrinthe, dont on trouve encore des traces sur l’acte de vente du terrain.

Nous avons passé le petit pont qui enjambe le saut de loup pour traverser la demi-lune : le seuil du domaine royal, d’où nous parvient encore le murmure d’un jet d’eau. « Saut de loup », « demi-lune », des mots qui portent à rêver dans un décor contrasté. Les lions de la balustrade, les pavillons de garde et les vases en pierre du xviiie siècle surnagent parmi les cabanes de chantier, les filets et les câbles, les monticules de terre retournée. Au-dessus du parc de la mairie se dressent les tours de la dalle. L’avenue de la République, futur Boulevard des Arts, qui accueille le chantier du tram 9, n’allait autrefois pas plus loin. La prolongation jusqu’à Orly ne fut ouverte que dans les années 1960. Nous traversons l’avenue pour continuer en face, avenue du Général-Leclerc, et rejoindre la maison de Rouget-de-Lisle.

VALÉRIE ROUCARD : L’avenue qui est devant nous a été tracée par Louis XV pour avoir un accès direct au château depuis Versailles. C’est un axe important qui donne une visibilité au château depuis la côte de Thiais. Il fallait à peu près deux heures pour aller de Versailles à Choisy. Avant de rejoindre la maison de Rouget-de-Lisle, qui est la figure emblématique de Choisy, je voudrais vous montrer la maison de Maurice Thorez, maison qui a été l’école des cadres du Parti communiste français. C’est une maison un peu en retrait de l’avenue, qui date de la fin du fin xviiie ou du début du xixe siècle. Elle a également accueilli la délégation de la République démocratique du Vietnam, qui a négocié les accords de paix à Paris pour mettre fin à la guerre du Vietnam, en 1973. Pour cette raison, Choisy a gardé des relations privilégiées avec le Vietnam. Aujourd’hui ce sont des appartements privés. Si vous regardez autour de vous, vous apercevrez quelques maisons bourgeoises décorées de faïence. Au xixe siècle la population de Choisy était composée d’ouvriers, concentrés autour du centre-ville, mais aussi de riches propriétaires, qui installaient leur demeure sur les grands axes. Choisy a été desservi par le train à partir de 1840. Rentiers, ingénieurs ou professions libérales y faisaient construire leur maison et venaient profiter de la campagne.

À l’époque, certains disaient que la mairie avait été déplacée en périphérie.

Un peu plus loin nous tournons à droite dans la rue Rouget-de-Lisle. Au n° 5, une pagode bouddhiste, située de manière insolite dans un pavillon néoclassique du xixe siècle, attire l’attention du groupe. Au n° 6, se trouve la maison où l’auteur de La Marseillaise passa les dernières années de sa vie : une maison à un étage, dont la longue façade crépie compte onze fenêtres.

VALÉRIE ROUCARD : Voici la maison où a vécu et où est mort Rouget-de-Lisle. Comment s’est-il retrouvé à Choisy ? Après avoir composé La Marseillaise et connu son heure de gloire, Rouget-de-Lisle a subi les vicissitudes des différents régimes qu’il a traversés. La Marseillaise n’était pas encore l’hymne national, Rouget-de-Lisle vivait d’une pension qui lui a été retirée. Sous Louis-Philippe, ses amis ont réussi à lui obtenir une pension et à lui trouver un logement. Il a été hébergé à Choisy parce qu’il connaissait le général Blein qui avait été un compagnon de route dans l’armée de Belgique. Dans un premier temps, il a vécu avenue Gambetta, chez la famille Blein, mais quand le général a perdu sa femme et sa mère, il n’a plus pu l’héberger. Il a alors été accueilli par la famille Voïart qui habitait cette maison. La rue s’appelait à l’époque rue des Vertus. Les Voïart étaient une famille de femmes de lettres. Monsieur Voïart avait travaillé dans l’armée, il aimait beaucoup la musique et il réunissait des comités littéraires et artistiques dans sa maison, auxquels participaient Rouget-de-Lisle.

La Marseillaise est devenue l’hymne national en 1879 sous la IIIe République. À ce moment-là, il y eut plusieurs manifestations en l’honneur de Rouget-de-Lisle, et notamment la formation de deux comités pour ériger une statue en sa mémoire : un à Choisy-le-Roi et un à Lons-le-Saunier, sa ville natale. Grâce à la souscription nationale, les deux statues ont été inaugurées à un mois d’intervalle à peu près en 1882 : en juillet à Choisy et en août à Lons-le-Saunier. Ce n’est pas le même sculpteur : Léopold Steiner à Choisy et August Bartholdi à Lons.

Rouget-de-Lisle est mort et a été enterré à Choisy-le-Roi. Mais ce n’est pas là que l’histoire se termine. Il a d’abord été enterré dans le carré de la famille Blein. À cette époque-là, la sépulture se trouvait au milieu des champs, puis le terrain a été loti et le carré a dû être vidé. Le corps a été transféré au cimetière de Choisy, qui lui-même au fil des ans s’est déplacé. Le cercueil a donc été relogé dans le nouveau cimetière, où un monument funéraire a été érigé qui existe encore. En revanche, en 1915, la dépouille de Rouget-de-Lisle a été transférée aux Invalides, au cours d’une cérémonie qui avait pour but de remonter le moral des troupes. À l’origine, il était question de le transférer au Panthéon, mais les démarches étaient trop longues. 

L’inauguration de la statue, le 23 juillet 1882, a donné lieu à une « grande manifestation patriotique et nationale ». Ce monument a également donné lieu à d’importantes manifestations pour le centenaire de La Marseillaise et celui de la mort de Rouget-de-Lisle en 1936.

De retour au centre-ville, nous nous arrêtons au carrefour de l’avenue Léon-Gourdault (Boulevard des Arts) et de l’avenue Jean-Jaurès, emplacement historique, mais fluctuant, de la statue de Rouget-de-Lisle. La statue qui a été retirée pour l’aménagement des voies du tramway sera bientôt réinstallée en retrait de l’avenue, sur la place près du commissariat. Derrière nous, le bar brasserie Le Rouget de Lisle fait l’angle de la dalle.

VALÉRIE ROUCARD : Nous sommes devant le futur emplacement de la statue Rouget-de-Lisle. Elle était à l’origine au milieu du carrefour, que les Choisiens surnomment « carrefour Rouget-de-Lisle », où va passer le Tram 9. Des années 1870 aux années 1930, il y avait déjà une ligne de tramway, d’abord à cheval puis électrique, qui reliait Choisy au centre de Paris, on le voit sur les vieilles cartes postales du carrefour. La statue de Rouget-de-Lisle s’est beaucoup déplacée au cours de son histoire. En 1942, elle a été retirée par les Allemands qui voulaient la fondre, mais le maire de Choisy s’est arrangé pour l’échanger contre l’équivalent de son poids en matériau. Puis, elle a été placée derrière l’église, parce qu’elle gênait la circulation. Avec les travaux d’aménagement du centre-ville et de l’autopont, elle a été placée dans le parc de la Mairie, jusqu’en 1992 où elle a retrouvé sa place au carrefour, avant d’être retirée à nouveau. Choisy est longtemps resté en travaux. Des années 1950 à la fin des années 1980, tout le centre-ville était en chantier. La grande artère du xviiie siècle avec son architecture, la fabrique de faïence, tout a été démoli pour laisser place aux immeubles sur dalle et à ceux qui sont près du marché et du pont. À cela s’est ajoutée la construction de l’A86 qui avait son débouché sur le futur Boulevard des Arts (à l’époque une nationale). Pour réguler la circulation, on a construit un pont métallique qui enjambait le carrefour. Cet autopont a été détruit en 1991.

Nous passons dans la galerie commerciale défraîchie au pied des tours pour déboucher sur la dalle. En bas de larges escaliers les parasols du marché ont envahi l’esplanade. En face l’église Saint-Louis-et-Saint-Nicolas, entourée de hautes tours. Au sommet d’une des tours, un artiste a peint de discrets nuages.

VALÉRIE ROUCARD : Ici nous sommes sur ce qu’on appelle « la dalle », quartier qui a été conçu selon les préceptes de l’urbanisme des Trente Glorieuses. Toute cette partie de la ville a été construite à partir des années 1950, à l’emplacement de l’ancien domaine royal et de la faïencerie, qui a fermé ses portes en 1938. Le principe de la dalle, c’est de séparer les habitants de la circulation automobile. Les habitants vivent au-dessus de la dalle dans des tours, au niveau de la dalle on trouve des commerces, et tout ce qui est véhicule est en dessous. Sous la dalle, vous avez des parkings, mais aussi une artère : la rue de la Poste. Cet aménagement devait initialement se poursuivre sur le quartier Saint-Louis. En tout soixante-dix tours étaient prévues, mais le projet s’est arrêté. La décentralisation a redonné le pouvoir aux villes de prendre en main leur urbanisme, qui autrefois était géré par l’État. La ville a fait le choix de rénover le centre ancien plutôt que de prolonger la construction des tours. Nous nous trouvons ici sur le passage qu’empruntait le roi pour se rendre à l’église, construite à sa demande et qui porte son nom : église Saint-Louis-et-Saint-Nicolas. Saint-Nicolas est le patron des mariniers. À l’origine, Choisy était un village de pêcheurs et de mariniers, situé plus bas, au bord de la Seine. Mais Louis XV a souhaité la construction d’un nouveau village autour de l’église. L’église de Choisy a été cathédrale de 1966 à 1987, en attendant la création de la cathédrale de Créteil, siège du diocèse. Au-dessus de la porte vous pouvez lire « salle Jean Jaurès ». Après la révolution, cette salle, qui était la tribune du roi, est devenue la mairie de Choisy. Puis quand la mairie s’est déplacée, c’est devenu le commissariat de police. Ensuite, la salle Jean Jaurès a eu différentes fonctions : bibliothèque municipale, école, poste de secours durant la guerre. Aujourd’hui c’est la paroisse qui l’utilise. Le carillon a la particularité de jouer La Marseillaise à midi et l’Ave Maria le reste du temps. Louis XV n’aimait pas le son des cloches, il était mélancolique, il n’aimait pas le rappel de la mort. Il a fait abaisser le clocher pour réduire la portée des cloches et il interdisait que l’on sonne le glas. Dans les archives, il y a des documents où les habitants se plaignent de ne pas entendre les cloches, parce qu’elle leur permettait de connaître l’heure et de rythmer leur journée.

Une fois revenus au point de départ de la promenade, nous prenons la direction de l’A86, à l’extrême nord de la ville. En chemin nous traversons le quartier Saint-Louis, faisons une halte au parc Maurice-Thorez, ancien potager du roi, devenu parc privé romantique puis jardin public. Le parc abrite un des rares vestiges de l’exposition coloniale de 1931 : l’Éléphant attaqué par un tigre de Georges Gardet, offert à Choisy par la ville de Paris en 1952. En remontant le Boulevard des Arts, qui marque la délimitation entre Thiais et Choisy, nous nous arrêtons devant la villa de l’industriel Xavier-Antoine Gilardoni. La façade décorée de briques et céramiques polychromes est un véritable catalogue du savoir-faire des usines de Choisy à la fin du xixe siècle. Le nord de la ville se partage entre ruelles résidentielles, zone d’activité et centres commerciaux. Les lions qui montent la garde devant le hangar bleu d’un supermarché asiatique rappellent ceux du saut de loup du château. Nous rendons visite aux ateliers d’artistes de l’Usine Hollander, où nous reçoit Sylvie Grimminger, au son des chants d’une église africaine.

SYLVIE GRIMMINGER : L’usine Hollander est une ancienne usine de traitement des cuirs et des fourrures dont l’histoire remonte à 1786. Elle a eu énormément d’occupants et de propriétaires différents, et elle a été en partie abîmée, d’abord par un incendie durant la guerre de 1870, puis par l’aménagement urbain, mais ce qui reste est fidèle au bâtiment d’origine. La cheminée est celle du four qui servait à travailler les teintures pour les peaux et sous le porche vous trouverez la balance de 1786 que nous avons remise en valeur. Elle permettait de peser le cuir et l’astrakan qui étaient acheminés jusqu’ici par la Seine ou en charrette. On aperçoit encore des vestiges de la darse en bord de Seine lorsqu’on est sur l’autre rive.

L’usine a cessé son activité en 1970. En 2011, la mairie de Choisy a racheté le bâtiment, qui hébergeait depuis 1995 le théâtre de la compagnie « La Rumeur », et des ateliers d’artistes ont été ouverts où certains travaillent seulement et d’autres vivent.

Nous avons créé l’association Hollander usine créative pour développer un travail autour du patrimoine industriel et de la sensibilisation aux métiers d’art qui sont extrêmement présents encore aujourd’hui à Choisy. C’est l’occasion de faire se rencontrer artistes, artisans et publics autour de ces deux pôles et de faire de ce lieu exceptionnel un lieu d’échange autour de la création et des métiers d’art, arts plastiques, arts appliqués et arts vivants, qui sont tous représentés ici.

Notre ambition est de créer un pôle culturel et un lieu d’exposition qui n’existent pas encore à Choisy. Nous voulons impulser une dynamique dans ce quartier qui est le bout de la ville et aider les habitants à mieux identifier cet espace. Par ailleurs, il est très important pour nous de ne pas rester entre artistes, nous voulons être des acteurs de la ville. La rencontre avec le public, le fait d’avoir un regard extérieur, non expert, nous apporte de nouvelles perspectives. Il y a énormément de gens qui ont envie d’être créatifs et nous avons envie de partager ce plaisir avec eux. Les gens ont envie de participer au développement de leur ville et la création est un moyen qui permet d’ouvrir une réflexion sur le sujet.

Valerie Roucard, service des archives de la Ville de Choisy-le-Roi

Sylvie Grimminger, artiste, association Hollander usine créative

Quartier de la dalle

Les Bienvenus, Louise Bourgeois, 1996

À la paix, David Erevantzi, 2005

Demi-lune et saut-de-loup du château royal

Voies royales

Monument à Rouget-de-Lisle, Léopold Steiner, 1882

Quartier Saint-Louis

Parc Maurice-Thorez

Éléphant attaqué par un tigre, Georges Gardet, 1931

Villa Gilardoni (commune de Thiais)

Usine Hollander

Les étudiantes du DSAA Alternatives Urbaines ont rédigé leur carnet de bord du Grand Tour. Un atelier d’écriture animé par Métie Navajo, autrice en résidence au Théâtre Jean-Vilar de Vitry.

 

« Le tram ram sur Carle-Darthe » (Lise)

10h20, gare RER.

Gilets orange, casquette 1977 à 12 heures, notre groupe s’intègre à l’équipe du Grand Tour. Devant la gare, bruits d’objets roulants type valises et voitures, sur fond Choisy et ses glacis de gris ; brouhaha étouffé du marché au loin.

 

Vers 11h30, à la sortie des galeries Rouget-de-Lisle, au-dessus de la place du marché.  

« Choisy ta crêpe », enseigne de resto, jeu de mot rigolo. Plus à gauche en bas des escaliers, une canopée de barnums du marché. Un brouhaha monte.
« Excusez-moi, c’est pour quoi ce groupe ? » un homme en bermuda baskets.
« On fait les journées du patrimoine, on visite la ville. »
« Merci mais je suis commerçant », il descend.
En haut, les tours de Choisy, plus en hauteur, un habitacle sur la tour peint en ciel. Choisy doit manquer de ciel, donc Choisy repeint le ciel…

 

« Il y a plein de truc » (Lucie)

Doudou perdu, papier collé sur affiche publicitaire. Parc calme. Rencontre d’une dame des archives très intéressante. Elle croyait qu’on étudiait l’histoire, elle nous racontait un événement et nous disait « mais je pense que vous le savez déjà »… eh bien non, pas du tout !

Pluie, froid, courant d’air, trop de bruit, envie de rentrer.

Découverte d’artistes incroyables à l’ancienne usine. Imprimante 3D et travail de la pierre. Théâtre ambiance feutré agréable. Bureau verrière avec plantes bucoliques.