VITRY-SUR-SEINE – ÉTAPE 4

Conférence-débat : Arts et territoires en mutation

Samedi 5 octobre 2019 / 18h – 20h

Après un après-midi passé sur l’esplanade de la cité Robespierre où la chorégraphe Sandrine Maisonneuve et un groupe d’habitants ont reconstitué un restaurant disparu, Le Dom Juan, nous rejoignons le Kilowatt, qui célèbre ce soir la Nuit blanche, au pied de la Central thermique de Vitry-sur-Seine.

Dans le cadre de la Nuit blanche à Vitry et en guise de clôture du Grand Tour du Boulevard des Arts, cette conférence-débat interroge les liens entre arts et territoires en mutation. Artistes, élus et techniciens sont invités à échanger autour de ce sujet de plus en plus central dans la fabrication des villes de demain. Évoquer les gestes du passé ou la mémoire des lieux, rendre compte de la réalité urbaine contemporaine ou encore jouer avec les multiples devenirs de la ville : les champs d’action créatifs sont aussi divers que la ville elle-même. Mais quelles sont les relations entre création artistique et aménagement des territoires ? Quelles formes prennent-elles aujourd’hui ? Quelles sont les valeurs que l’on attribue aux éléments composant la ville en transformation ?

Ce débat a été organisé dans le cadre du festival Mur/murs de Vitry-sur-Seine.

Lire la conclusion de la mission Boulevard des Arts par Stefan Shankland.

Jérémie Butin, enseignant, DSAA Alternatives Urbaines de Vitry-sur-Seine

Caroline Couraud, directrice du Troisième Pôle

Edwine Fournier, compagnie Tangible

Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry-sur-Seine

Sandrine Maisonneuve, chorégraphe

Sébastien Molliex, compagnie Tangible

Sébastien Poignant, archéologue, Inrap

Daniel Purroy, artiste associé à la direction de la culture de la ville de Vitry-sur-Seine

Aurélien Rozo, directeur du Kilowatt

Stefan Shankland, directeur artistique de l’AMO artistique et culturelle Boulevard des Arts

Le Dom Juan

Quartier Robespierre

Festival Mur/murs

Le Kilowatt

Centrale thermique de Vitry-sur-Seine

Les étudiantes du DSAA Alternatives Urbaines ont rédigé leur carnet de bord du Grand Tour. Un atelier d’écriture animé par Métie Navajo, autrice en résidence au Théâtre Jean-Vilar de Vitry.

 

« Tout ça, tout ça » (Isadora)

Après une sieste bien reposante, que même le quart d’heure de folie d’un chaton insolent n’a pas su perturber, nous voilà reparties dans Vitry sous la pluie, à la recherche de la Dalle Robespierre. Après la pluie, le beau temps. Entre les tours s’ouvre à nous le festival Mur/murs, profusion de stands, d’activités, de ballons, de familles, de voix d’enfants et de couleurs au cœur desquelles scintille le TAPATOR, ou plutôt les sublimes gilets oranges portés pour l’occasion du Grand Tour. Je me dis : Après le centre culturel d’Orly, puis la Briqueterie, enfin le TAPATOR est dehors ! Ambiance colorée, cacophonie festive, souvenirs troubles d’un désordre heureux. Au pied d’une tour, deux habitantes : « Tout ça, tout ça, ça va tout sauter ! Parce que le tramway il va passer. »

Le nez levé vers le ciel, on tente d’avoir une vision d’ensemble du décor, sculpté par l’immensité des tours. Ça donne le vertige. On doit avoir l’air marrants, vus de tout là-haut. La dame qui habite dans la tour de 26 étages nous assure : « Là-haut, on voit tout, on voit la tour Eiffel. »

 

« Place/Process/People » (Juliette)

Nous sommes au Kilowatt, on aide le festival à finir de se monter. Léa et Camille installent les tables Lego avec Clément du collectif MONsTR, Lise accroche les derniers tableaux de l’expo, tout le monde cherche la visseuse, Lucie aide Julien à l’atelier de linogravure… Elle est où Chloé ? Elle est à la conférence… Oups, la conférence !

 

«  On est autant en mutation que le territoire » (Lise )

Camille, Juliette, Lise, Jérémie et le TAPATOR partent à pied ; Chloé prend le bus. L’équipe du Grand Tour les précède : la conférence de fin du Boulevard des Arts attend à horaire fixe pour un terminus de l’expérience. Léa, Asia, Lucie, Morane, Nawel sont là. Nina, Florine ne viendront pas. Isa, t’es où ? L’arrivée sur ce lieu festif se fait de façon dispersée.

« Là il vous faudrait deux perceuses, João a besoin d’aide pour fixer les derniers panneaux. »
A défaut d’être conférencières, nous sommes ouvrières. Sous Marcel Paul, il faut de l’aide. Assembler, déplacer, caler, fixer.  Les enfants nous aident à égrener les blocs de Lego dans les caissons des tables. Ils s’amusent déjà, un point pour nous.
Dispersion.
Fin de l’allocution des arts en mutation.
Juliette, Nawel, Camille, Isadora, Lise, Morane, Chloé, devant la plage du Kilowatt ; Asia ne va pas tarder. Reconstitution. « Alors, cette conférence ?
— J’ai tout enregistré mais je fatiguais sur la fin…
— Tu restes un peu ? Faut faire la fête maintenant ! »
La nuit commence, nous nous reverrons avec un peu moins de fatigue et d’incompréhension dans le sang. La nuit se fait plus dense, bientôt les tours de Vitry ne seront plus le fond de scène mais l’objet du spectacle. Pour l’heure nous sommes au Kilowatt, nous oublions, nous fêtons. Nous fêtons, nous oublions.